Télévision, tablette, smartphone, ordinateur… Les écrans font partie de notre quotidien. Ils sont présents dans nos maisons, nos voitures, nos salles d’attente, parfois même dès les premiers mois de vie de l’enfant.

En tant que parents, il est parfois difficile de trouver un équilibre. Faut-il les interdire complètement ? Peut-on autoriser certains contenus ? Quels sont les véritables risques pour le développement de l’enfant ?

Ces questions suscitent beaucoup de débats. Pourtant, sur un point, les spécialistes du développement de l’enfant s’accordent largement : les premières années de vie sont une période où l’enfant a avant tout besoin d’expériences réelles, sensorielles et relationnelles pour construire son intelligence.

Et c’est précisément ce que Maria Montessori observait déjà il y a plus d’un siècle.

Le jeune enfant apprend avec tout son corps

À la naissance, le cerveau de l’enfant est encore en pleine construction. Les connexions neuronales se développent grâce aux expériences vécues au quotidien : toucher, sentir, manipuler, goûter, écouter, observer, se déplacer, recommencer.

Le jeune enfant n’apprend pas en recevant passivement des informations. Il apprend en agissant. Maria Montessori parlait de « l’esprit absorbant » : cette formidable capacité du jeune enfant à construire sa compréhension du monde à partir de ce qu’il vit concrètement.

Lorsqu’un enfant verse de l’eau, épluche une banane, grimpe sur un tronc, écoute une histoire racontée par un adulte ou observe une fourmi dans le jardin, il mobilise simultanément ses sens, son attention, sa motricité, son langage et ses émotions.

Aucun écran ne peut reproduire cette richesse d’expériences.

Les écrans remplacent souvent ce dont le cerveau a besoin

Le problème n’est pas seulement ce que l’enfant regarde. Les chercheurs soulignent surtout ce que le temps d’écran remplace : le jeu libre, les interactions avec les adultes, les échanges de langage, le mouvement ou encore l’exploration de l’environnement.

Plus un enfant passe de temps devant un écran, moins il dispose de temps pour ces activités essentielles à son développement. C’est pourquoi les spécialistes parlent souvent d’un « effet de substitution ».

Un dessin animé de vingt minutes n’a pas les mêmes conséquences qu’une exposition quotidienne de plusieurs heures. Ce sont surtout les usages fréquents, précoces et non accompagnés qui semblent associés aux effets les plus préoccupants.

Langage : pourquoi les interactions réelles sont irremplaçables

Le langage se construit dans l’échange. Le bébé apprend à parler lorsque quelqu’un répond à ses vocalisations, lui raconte ce qu’il voit, nomme les objets qu’il manipule ou partage son attention avec lui.

Même les contenus présentés comme éducatifs ne remplacent pas cette interaction humaine.

De nombreuses études montrent qu’une exposition importante aux écrans durant les premières années est associée à davantage de difficultés de langage, de compréhension et de vocabulaire.

À l’inverse, une conversation pendant le repas, une comptine chantée ensemble ou la lecture quotidienne d’un album nourrissent directement les compétences langagières de l’enfant.

Dans une approche Montessori, le langage est omniprésent : on décrit les gestes, on nomme précisément les objets et l’on prend le temps d’échanger avec l’enfant dans un véritable dialogue.

C’est cette richesse relationnelle qui favorise le développement du langage.

Attention et concentration : une différence importante

Beaucoup de parents observent que leur enfant peut rester très concentré devant un écran. Mais cette capacité ne correspond pas forcément à la concentration profonde que nous cherchons à développer.

Dans la pédagogie Montessori, la concentration naît d’une activité choisie par l’enfant, qu’il réalise activement et à son propre rythme. L’écran, lui, impose souvent un flux rapide d’images, de sons et de stimulations qui captent l’attention de manière automatique.

Les spécialistes alertent sur le fait qu’une exposition importante et précoce peut être associée à davantage de difficultés attentionnelles et de régulation chez certains enfants.

Cela ne signifie pas qu’un dessin animé occasionnel provoquera des troubles de l’attention. En revanche, lorsque les écrans occupent une place importante dans le quotidien, ils peuvent réduire les occasions pour l’enfant d’exercer son attention volontaire.

Le sommeil : un enjeu souvent sous-estimé

Le sommeil joue un rôle fondamental dans le développement cérébral de l’enfant.

Or les écrans peuvent perturber l’endormissement et la qualité du sommeil, notamment lorsqu’ils sont utilisés en fin de journée.

Les professionnels recommandent donc d’éviter les écrans avant le coucher et de privilégier des rituels plus apaisants :

  • lire une histoire ;
  • écouter de la musique douce ;
  • échanger sur la journée ;
  • pratiquer un moment calme en famille.

Ces habitudes favorisent un endormissement plus serein et répondent davantage aux besoins du jeune enfant.

Les émotions : un cerveau encore immature

Avant 6 ans environ, l’enfant distingue encore difficilement certains aspects du réel et de l’imaginaire.

Les images peuvent provoquer des émotions très fortes : peur, tristesse, colère, excitation ou anxiété. Même lorsque l’enfant semble ne pas prêter attention à ce qui passe à la télévision, son cerveau continue d’enregistrer les informations.

L’adulte joue ici un rôle essentiel de filtre et d’accompagnement.

Que disent les recommandations ?

Les recommandations se sont même renforcées ces dernières années.

En France, depuis 2025, l’exposition aux écrans est officiellement interdite pour les enfants de moins de 3 ans dans les lieux d’accueil du jeune enfant (crèches, assistantes maternelles, etc.), en raison des risques identifiés pour leur développement.

Le carnet de santé 2025 rappelle également la recommandation : pas d’écran avant 3 ans.

Par ailleurs, plusieurs sociétés savantes françaises (pédiatrie, psychiatrie de l’enfant, ophtalmologie, santé publique…) appellent désormais à une très grande prudence jusqu’à 6 ans, estimant que les écrans ne répondent pas aux besoins développementaux du jeune enfant.

Entre 3 et 6 ans, lorsqu’un écran est utilisé, les recommandations convergent autour de quelques principes simples :

  • privilégier un usage occasionnel ;
  • choisir des contenus adaptés à l’âge ;
  • accompagner l’enfant ;
  • éviter les écrans pendant les repas ;
  • éviter les écrans avant le coucher ;
  • préserver chaque jour de longues périodes de jeu libre, de mouvement et d’interactions réelles.

Aucun écran ne remplacera :

  • les mains qui manipulent ;
  • les pieds qui explorent ;
  • les yeux qui observent la nature ;
  • les échanges avec un adulte disponible ;
  • le plaisir de participer à la vie quotidienne.

Cela ne signifie pas qu’il faille rechercher une perfection impossible.

La réalité des familles est parfois complexe, et chaque parent fait de son mieux avec ses contraintes.

L’essentiel est de garder en tête que le jeune enfant a surtout besoin de présence, de mouvement, de jeu libre et d’expériences réelles.

C’est dans ces moments simples du quotidien que se construisent les fondations de son développement. Et c’est aussi l’un des plus beaux héritages de la pédagogie Montessori.

Quelques règles simples pour que le temps d’écran se passe sereinement

Lorsque les écrans sont utilisés, certaines habitudes permettent de limiter les conflits et d’aider l’enfant à mieux vivre ces moments.

Définir le cadre avant d’allumer l’écran

Il est beaucoup plus facile pour un enfant d’accepter la fin d’un dessin animé ou d’un jeu lorsqu’il sait à l’avance combien de temps il pourra en profiter.

Avant de commencer, annoncez clairement le cadre :

  • « Tu vas regarder un épisode. »
  • « Nous allons regarder pendant 20 minutes. »
  • « Quand le minuteur sonnera, ce sera terminé. »

L’enfant se prépare ainsi progressivement à la transition.

S’appuyer sur un repère concret

Les jeunes enfants ont encore une perception limitée du temps. Un sablier, un minuteur visuel ou la fin d’un épisode constituent des repères plus faciles à comprendre qu’un simple « encore cinq minutes ».

Cette approche est particulièrement cohérente avec la pédagogie Montessori, qui privilégie les repères concrets plutôt que les notions abstraites.

Éviter les écrans dans les moments sensibles

Certaines périodes de la journée sont moins favorables :

  • le matin avant l’école ;
  • pendant les repas ;
  • juste avant le coucher ;
  • lors des moments où l’enfant a besoin de bouger ou de se dépenser.

Ces temps peuvent être consacrés à des activités plus adaptées aux besoins de l’enfant.

Privilégier les écrans partagés

Lorsque cela est possible, regardez avec votre enfant. Commentez ce qui se passe, répondez à ses questions, faites des liens avec son quotidien. L’écran devient alors un support d’échange plutôt qu’une activité solitaire.

Les recherches montrent d’ailleurs que la présence et les interactions de l’adulte réduisent certains effets négatifs associés aux écrans.

Prévoir une activité après l’écran

La transition est souvent plus facile lorsque l’enfant sait ce qui va suivre :

  • aller au parc ;
  • préparer le repas ;
  • lire une histoire ;
  • arroser les plantes ;
  • réaliser une activité créative.

L’attention se porte alors naturellement vers l’étape suivante plutôt que sur la frustration liée à l’arrêt de l’écran.

Rester cohérent et constant

Comme pour toutes les limites éducatives, la régularité est essentielle.

Des règles simples, stables et prévisibles rassurent l’enfant et réduisent les négociations quotidiennes.


Une alternative intéressante pour les temps calmes : le projecteur d’histoires Tikino

Contrairement à une télévision ou à une tablette, Tikino projette les images sur un mur ou un plafond. La lumière est indirecte et la surface de projection est beaucoup plus grande, ce qui offre une expérience visuelle plus douce et plus confortable pour les yeux des enfants.

Les animations ont également été conçues pour rester lentes et discrètes. L’objectif n’est pas de capter l’attention de l’enfant par une succession rapide d’images, de sons et d’effets visuels, mais de lui permettre de prendre le temps d’observer, d’écouter et de s’immerger dans une histoire. Cette approche favorise davantage la contemplation et l’imaginaire que la consommation rapide de contenus.

Autre point intéressant : Tikino a été pensé comme une expérience à vivre ensemble. Les histoires peuvent être partagées en famille et devenir un support d’échange, de discussion ou de découverte. Certains contenus proposent également des activités participatives autour des émotions, du yoga, de la relaxation ou de l’éveil culturel.

La sécurité constitue également un atout pour de nombreux parents. L’appareil fonctionne sans publicité, sans accès libre à Internet et avec une navigation volontairement simple. Les contenus sont sélectionnés pour être adaptés aux enfants, ce qui évite les risques d’exposition à des vidéos ou à des recommandations inappropriées.

Tikino présente plusieurs caractéristiques qui peuvent intéresser les familles inspirées par la pédagogie Montessori : un rythme plus calme, une expérience souvent partagée plutôt qu’individuelle, des contenus soigneusement sélectionnés et un environnement sécurisé.

Pour les parents qui souhaitent proposer occasionnellement des histoires animées à leur enfant tout en évitant certains aspects de la télévision ou de la tablette, cela peut constituer une alternative intéressante.

Comme pour tous les outils numériques, la question essentielle reste celle de l’équilibre. En définitive, ce n’est pas tant la technologie qui compte que la manière dont elle est utilisée. Lorsqu’un outil respecte le rythme de l’enfant, favorise les échanges et laisse une place importante à l’imaginaire, il peut trouver sa place dans le quotidien des familles.


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