Il existe de nombreux outils pour cheminer vers une parentalité respectueuse. Parmi eux, le fait de formuler ses phrases de manière positive, en limitant les négations, peut constituer une piste intéressante pour faciliter la communication avec son enfant.

Pourquoi éviter la négation avec les jeunes enfants ?

De manière générale, le cerveau humain a du mal à traiter la négation. Chez les jeunes enfants, dont le cerveau est encore en construction, cette difficulté est encore plus marquée.

Lorsque nous disons à un enfant : « ne crie pas », il peut surtout entendre… « crie ».
Le cerveau se focalise sur l’action évoquée, plutôt que sur l’interdiction.

Vous pouvez d’ailleurs en faire l’expérience en tant qu’adulte : si je vous dis « ne pensez pas à un chien », vous allez probablement penser immédiatement… à un chien.

En formulant les règles de manière positive, nous donnons à l’enfant une indication claire sur ce qu’il peut faire, ce qui facilite la compréhension et la coopération.

La formulation positive : un repère clair pour l’enfant

Formuler positivement ne signifie pas éviter les règles ou les limites.
Au contraire, cela permet de poser un cadre clair, tout en restant respectueux et compréhensible.

Au lieu d’insister sur ce qui est interdit, nous indiquons à l’enfant :

  • ce qui est attendu
  • ce qui est autorisé
  • comment agir de manière adaptée

Cela demande souvent un petit temps d’adaptation pour les adultes, mais avec de l’entraînement, cette manière de communiquer devient naturelle.

Exemples de phrases positives au quotidien

Voici quelques exemples concrets pour transformer des interdits en consignes positives :

  • « Ne cours pas » → « Marche lentement s’il te plaît »
  • « N’ouvre pas le placard » → « Le placard reste fermé »
  • « Ne monte pas sur la table » → « La table est faite pour manger, tu peux t’asseoir sur ta chaise »
  • « Arrête de crier » → « Parle doucement »
  • « Ne va pas sur la route » → « Reste près de moi sur le trottoir »

L’objectif est toujours de donner une alternative claire et réalisable.

Réduire les tensions grâce à une communication positive

Les interdits répétés peuvent générer de la frustration et des tensions, autant pour l’enfant que pour l’adulte.
La formulation positive permet souvent d’apaiser les échanges en mettant l’accent sur ce que l’enfant peut faire.

Si la situation reste difficile, vous pouvez également proposer deux choix acceptables, ce qui soutient l’autonomie tout en maintenant le cadre.

Par exemple : si votre enfant monte sur la table malgré vos indications, vous pouvez dire : « La table est faite pour manger. Tu peux soit t’asseoir sur ta chaise, soit aller sur ton tapis de gym. »

Cette approche responsabilise l’enfant et l’aide à participer activement à la résolution de la situation.

L’importance du respect mutuel dans la communication

Dans l’esprit Montessori, la relation adulte-enfant repose sur le respect réciproque.
N’hésitez pas à utiliser les mêmes formules de politesse que vous emploieriez avec un adulte : « s’il te plaît », « merci », « excuse-moi ».

Votre manière de parler devient un modèle que l’enfant va naturellement intégrer et reproduire.

Pour aller plus loin

Si ce sujet vous intéresse, vous pouvez notamment découvrir les conférences et ressources proposées par Isabelle Filliozat, qui abordent la communication bienveillante et la compréhension des émotions de l’enfant.


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